L’activité physique au secours de la santé publique

Rapport de Victor Querton

Selon une publication de Victor Querton 2023, Inspecteur de La Jeunesse et des Sports, Chef du pôle Jeunesse, Éducation populaire et Vie associative (DRAJES Centre-Val de Loire).

Le sport-santé, un outil à valeur sanitaire et politique

Le « Sport-Santé » est devenu une évidence dans notre monde post-pandémie. Beaucoup d’acteurs du sport mentionnent le « Sport-Santé » et le secteur de la santé s’en empare également. Cela correspond au fait, démontré scientifiquement, que le sport est bon pour la santé. Plus précisément, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’activité physique est très bénéfique pour la santé du cœur, du corps et de l’esprit (extrait de la préface par Claire Rabès, membre de Point d’aencrage et professionnelle du monde du sport).

Les 5 recommandations pour généraliser et démocratiser le recours à l’activité physique

Recommandation 1

Mettre en place une prise en charge allant jusqu’à 500€ des parcours d’APA (bilans + séances) par l’assurance maladie pour les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires – gain net estimé : 3,28Md€ (coût maximum : 2,05Md€ / dépenses évitées : 5,33Md€).

Recommandation 2

Mettre en place une part incompressible de 1 % du fonds d’intervention régional des ARS, allouée à la promotion et la structuration de réseaux de professionnels de l’activité physique adaptée dans le cadre de sa mission de prévention et de promotion de la santé – apport estimé 37M€.

Recommandation 3

Intégrer les enseignants en activité physique adaptée dans la catégorie des professionnels de santé en tant qu’auxiliaires médicaux (art. L4311-1 à L4394-4 du code de santé publique) et harmoniser la formation des éducateurs sportifs leur permettant de diriger des séances d’APA.

Recommandation 4

Structurer les réseaux d’acteurs territoriaux de l’APA (médecins, maisons sport santé, effecteurs) dans le cadre de contrats locaux de santé cofinancés par les ARS et les collectivités.

Recommandation 5

Intégrer la prescription d’activité physique adaptée dans la rémunération sur objectifs de santé publique des médecins.

Le rapport de Victor Querton

Vous trouverez dans le rapport de Victor Querton : des analyses, diagnostics, pistes de réflexion et des recommandations concernant le développement de l’activité physique comme outil de santé, de prévention et de lutte contre la sédentarité.

Télécharger le rapport sur le site OM2S (64 pages).

Ce travail s’appuie sur nombre de travaux déjà réalisés dans le domaine du sport, des activités physiques et de la santé. L’IRBMS y contribue depuis plus de 25 ans et l’Observatoire Médical du Sport Santé (OM2S) issue d’une volonté du COPIL by IRBMS contribue à faire connaître les travaux et documents.

La pertinence de l’activité physique pour lutter contre le couple sédentarité/inactivité physique, avant de se pencher sur les leviers de mise en œuvre d’une action publique transversale pour l’activité physique est au centre d’une évidence mise en avant d’ailleurs en 2024 par la grande cause Nationale et les JOP de Paris 2024.

Ce travail se termine par l’évaluation de la mise en œuvre de l’activité physique adaptée comme thérapeutique (prévention secondaire et tertiaire ou sport santé sur ordonnance) en proposant des pistes pour accélérer son développement sur l’ensemble du territoire.

Préventeur coach Sport-Santé bien-être (Mooc)

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Nous sommes en phase avec ces éléments de réflexions en proposant un MOOC afin de devenir coach sport santé.

Conclusion de Victor Querton

Le sport en France se trouve à la croisée des chemins.

Au sortir d’une crise sanitaire qui a mis en lumière l’inactivité physique dramatique de l’ensemble de la population, il doit devenir un recours face à la sédentarité. Le sport santé s’est développé comme une politique publique dans cette perspective. Toutefois, le sport regroupe un ensemble de pratiques codifiées et mises en œuvre avec la finalité de réaliser une performance, qu’elle s’inscrive dans un contexte de loisir ou de compétition. C’est donc plus spécifiquement l’activité physique qui doit devenir l’objet de politiques publiques ambitieuses participant de l’éducation à la santé des citoyens.

En effet, si elle constitue déjà un champ d’action publique, l’activité physique n’est aujourd’hui réellement portée comme une politique que par le ministère des Sports, les autres tardant à se saisir de cet instrument dont les multiples externalités sont pourtant démontrées. Pour une activité physique au service de la santé publique, le concours volontariste de l’ensemble des ministères touchant à l’organisation de la vie sociale est indispensable.

De même, l’articulation au niveau local entre les différents organes déconcentrés de l’État et les directions des collectivités territoriales doit pouvoir fonctionner à plein et de manière homogène sur l’ensemble du territoire. Faire de l’activité physique un champ d’action publique reconnu et doté de moyens cohérents avec les ambitions fixées doit non seulement être un levier au service de la santé publique mais aussi changer l’approche que les Français en ont, a fortiori s’agissant du sport.

À bientôt un an des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, le sport français se doit de construire un héritage pérenne en termes de renouveau des pratiques sportives. Le sport est trop souvent l’apanage de celles et ceux qui en ont les moyens, et les expériences négatives du sport – notamment scolaire – constituent des obstacles importants pour les personnes qui en sont éloignées (conclusion rédigée en 2023). L’action en matière de développement des pratiques doit donc passer par un effort accentué en direction des personnes et des territoires les moins favorisés.

En plus de la politique de santé publique, l’activité physique peut être au service d’un développement des pratiques sportives. Au travers notamment de l’activité physique adaptée pour les personnes souffrant de maladies ou de limitations physiologiques et pour celles qui ne pratiquent pas ou peu, l’activité physique peut participer à un renouvellement du rapport à son corps pour une meilleure compréhension et une meilleure appréciation de ce dernier.

Pour autant, le développement des activités physiques ne saurait être imposé, mais au contraire favorisé, dans le respect des représentations et de la diversité des pratiques existantes. Ce n’est qu’à cette condition que l’action publique en direction des activités physiques pourra nourrir les pratiques sportives sur le long terme.

Notre conclusion

Publication écrite en 2023 qui ouvre la discussion sur les moyens et la volonté politique afin de faire du Sport-Santé un véritable outil de santé publique. Nous souhaitons que le monde médical puisse s’approprier le Sport-Santé et le Sport-Santé sur ordonnance en ayant devant lui une vision claire des compétences des différents et nombreux acteurs.

Nous aimons les recommandations dont la 5° : « Pour massifier l’APA et inciter les médecins à se former à ce type de prescription, il apparaît pertinent d’inscrire la prescription des bilans et parcours APA dans la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) des médecins. »

Pour aller plus loin…

► Nous pensons que « Mon bilan prévention » doit mettre en avant l’importance de l’activité physique au quotidien afin de lutter contre la sédentarité.

► De son côté, l’IRBMS propose une auto-évaluation des facteurs de risque, facile, utile et gratuit, le Numéri’éval – Sport-Santé.

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